lundi 29 juin 2009

Mademoiselle Co(co)raline




C'est avec quelques trains de retard - et dans l'avion pour aller à Boston lors de mon fameux périple - que j'ai découvert le merveilleux film "Coraline" la semaine dernière. Alors que les conditions de visionnage n'étaient vraiment pas optimales (écran de la taille d'un paquet de Finger), j'ai été totalement enchantée par ce long-métrage qui a la particularité d'être réalisé en stop motion, une technique méticuleuse qui implique d'animer et de filmer, image par image, des figurines de pâtes à modeler et qui a été popularisée par les films de la série de films "Wallace & Gromit".

Pour ceux qui comme moi ont gardé un souvenir émerveillé de "L'étrange Noël de Monsieur Jack", le précédent film du réalisateur de "Coraline" Henry Selick, la réussite plastique de cette oeuvre n'aura rien d'une surprise. Il y a quelque chose de vertigineux à découvrir un monde patiemment recréé en miniature, avec un sens du détail et de la poésie proprement époustouflant - d'autant plus impressionnant qu'à l'heure des prouesses de l'animation en 3D, il y a une certaine bravoure un peu dandy à faire perdurer une technique aussi artisanale que le stop-motion.

Au-delà de la prouesse technique, ce qui fait mouche ici, c'est l'immense sensibilité déployée pour brosser le portrait d'une petite fille qui a du mal à se faire entendre de ses parents et trouve refuge dans un monde imaginaire, pour le meilleur et pour le pire. Comme dans les meilleurs contes de Grimm, le récit fait se côtoyer l'horrifique et le merveilleux, le flippant et le poilant. Je n'ai pas lu la nouvelle de Neil Gaiman dont est inspiré le film, mais je connais un peu l'écriture tout en finesse de cet auteur de BD. A n'en pas douter, la délicatesse avec lequel "Coraline" trace le portrait de son héroïne lui doit beaucoup. Très beau film pour l'enfance, qui n'oublie pas de donner un joli look gothico-rock à son héroïne, cette oeuvre animée était pour moi l'amuse-bouche idéal avant de savourer le plat de résistance qui me fait saliver depuis des mois : l'adaptation par Spike Jonze du best-seller pour enfants "Max et les Maximonstres", qui devrait sortir à l'automne 2009 (la bande-annonce peut se visionner d'ores et déjà ici).

// On the plane on my way to Boston, I caught up with the latest movies. An itsy-bitsy screen wasn't probably the best way to discover the little masterpiece that is "Coraline", but nonetheless it managed to take my breath away. 
Using the stop-motion technique (= filming image by image miniature clay models in order to create an animated film) that has been made popular by the "Wallace & Gromit" film series, "Coraline" is brought on by Henri Selick, previously the director of the animated classic "The Nightmare Before Christmas". A classy fellow, with a knack for capturing the fears and feasts of childhood and a visual art like none other. I'm not acquainted with the best-seller from which the movie is adapted, by I do know a little bit of Neil Gaiman, the writer at its origin. Another classy dude, very atuned to the inner workings and intricacies of the mind. 
Delicate and charming, breathtakingly beautiful, "Coraline" was the perfect apetizer for my hungry self, who is starving in the awaiting of another children's book adaptation. Yes, I'm speaking of Spike Jonze's on screen version of "Where The Wild Things Are", my favorite book ever to be opening sometimes in the fall (you can already see the trailer here.)



jeudi 25 juin 2009

Mariage Vineyard




La semaine dernière, j'ai vécu une drôle d'aventure. Par un concours de circonstances un peu dingo et très romanesque, je me suis retrouvée à m'envoler pour un mariage qui avait lieu sur l'île de Martha's Vineyard, au large de Boston. Je ne savais pas si j'étais totalement prête pour le rôle d'invitée frenchy d'un "american wedding", mais en revanche je me sentais archi-ready pour  découvrir cette île qui me titille depuis des années.

Avec ses maisons très BCBG à façade de bois blanc, ses routes pittoresques longées de verdure, sa population très WASP, Martha's Vineyard est l'incarnation de l'Amérique rêvée, celle de Jackie et John Kennedy, des clôtures immaculées... et aussi le décor ou fut tourné "Les dents de la mer" de Steven Spielberg ! C'est une sorte de fantasme, un îlot un peu déconnecté de la réalité - un endroit qui fait se sentir comme dans une comédie romantique avec Hugh Grant et Julia Roberts. Sans doute pas le meilleur aperçu de ce qu'est l'Amérique prise dans les feux croisés de la récession, mais sans conteste le lieu idéal où venir se confronter aux fantasmes cinématographiques de "Love Story" et au style preppy, façon chaussures bateau et bermuda en toile chino.

Entre une mariée sublime, qui ressemblait à une star des années 40, une cravate à pois irrésistible et un défilé de mômes modeux adorables en costume seersucker, le mariage était à la hauteur de mes rêves. Comme dans les blockbusters, les mariés ont dit "I do", les invités ont pleuré et le tout s'est déroulé dans une église toute blanche, grande comme un mouchoir de poche. Durant le dîner, une des invitées est venue me parler de sa passion pour la France, les labels parisiens d'Isabel Marant et Vanessa Bruno et la gastronomie hexagonale. Notre échange m'a fait beaucoup sourire : si, moi, je vivais à Martha's Vineyard mon idéal made in USA et imaginais déjà à regret le retour, d'autres au même instant m'enviais ma vie de Parisienne. A chacun ses fantasmes...

// Last week, I found myself embarked on a surprising trip, to attend a wedding on (of all places) Martha's Vineyard. For me, it was the opportunity to indulge full-on in my all-American dream, to overdose on chino pants and Kennedy memories. With a bride who looked like a 1940's movie star, an encounter with a great polka-dots tie and the cutest array of kids in seersucker suits, the wedding delivered all I could expect in my craziest WASP fantasies. Still, during dinner, I met several ladies who professed their love for Paris and French fashion labels (from Isabel Marant to Vanessa Bruno) and thought I was very lucky to be going back to France. Hmm. Seems like the grass always seems greener on the other side of the Atlantic.





lundi 15 juin 2009

My Fair Lady

Les amis, je vous présente Antoine. Beau gosse, n'est-ce pas ? Cette allure racée, cette souplesse féline, ce noir élégant, cette main gantée de cuir marine - on dirait un peu le fils caché d'Alain Delon (période "Plein soleil") et Catherine Deneuve (période "Belle de jour"), non ?

Allez, je l'avoue, je l'aime d'amour.

Alors, oui, vous allez me dire, et là je ne pourrai pas le réfuter, Antoine est un parapluie. Certes. Mais, d'un autre côté, je ne vois pas en quoi ce devrait être un problème. Tout objet inanimé qu'il est, Antoine a fait de moi une femme, une vraie. Le genre qui se rit des éléments et garde son sang froid même par grand vent.

Parce que, si vous y réfléchissez deux secondes, avec Antoine, finies les poses ridicules à tenir du bout des doigts un horrible machin rétractile acheté 5 euros chez Monoprix. Finies les baleines qui se détachent, la toile qui s'arrache au moindre coup de vent et laisse passer les gouttes dès que l'averse se transforme en tempête. Finies les épaules trempées, la mèche en déroute, le maquillage qui coule et la larme à l'oeil. Enfin un peu de dignité. Enfin être une lady.

Car grâce à Antoine, et ce malgré l'ouragan de pluie qui passait sur moi ce matin, je me sentais telle Audrey Hepburn. Limite à deux doigts de flotter par-dessus les flaques d'eau. Limite insubmersible et insouciante aux trombes d'eau qui tombaient du ciel. Bye bye, donc, les parapluies de fillettes, bye bye les pépins éphémères, Antoine et moi allons couler des jours heureux, surtout quand ils seront pluvieux. I could dance all night...

p.s : Je signale qu'une soirée pluvieuse est le moment idéal pour revoir "Chantons sous la pluie", le film qui rend heureux, le film qui réconcilie avec la vie, le film qui donne envie d'embrasser Gene Kelly en ciré marin, le film à emporter sur une île déserte.

// Folks, meet Antoine, my new love. Yup. I know what you will say. He's an umbrella. But I couldn't care less. Thanks to him, I feel like a lady, a real Lady, with a capital L and an Audrey Hepburn like poise. No more disposable, ugly, foldable thingies for me, no more shoddy cloth letting the rain through and ruining my hair and makeup. No, siree. From now on, I'm going to brave tornados and light drizzle with trusty Antoine and his navy blue leather clad handle. With him, I'm sure, I'll feel like singing in the rain if not dancing all night.


Audrey Hepburn - "My Fair Lady"


Gene Kelly - "Singing In The Rain"





mercredi 3 juin 2009

Basique Chic / Suit Up !

Elle et lui : mes grand-parents, aux alentours de la fin des années 40/début années 50

Je crois que je suis en train de me transformer en Barney Stinson. Si, si. 

Vous ne voyez pas du tout de qui je veux parler ? Barney Stinson =  le héros de la série "How I Met Your Mother" dont le credo tient en deux mots : "Suit up!". Comprendre : "Enfile un costume, et plus vite que ça !" Et le fait est que, bien que je ne sois pas jusqu'à preuve du contraire un personnage de sitcom, l'idée du costume masculin occupe de plus en plus mon esprit.

Je pourrais dire que tout a commencé il y a quelques mois, quand je suis tombée sur cette photo de mes grands-parents paternels, tous deux chics et intemporels en tailleur pantalon dans les années 40-50. Mais en fait, non, ça remonte à plus longtemps. Je dirais à un an de cela, quand j'ai entamé une grande purge dans mes placards qui se continue encore aujourd'hui. Tout ce que je ne mettais pas, tout ce qui était de qualité moyenne, tout ce qui ne me faisait pas me sentir comme si je venais d'être shootée par Annie Leibovitz pour une couverture de Vanity Fair, tout ça je l'ai sorti de mes armoires, donné, revendu. 

Quand cette grande envie de vide a commencé, j'avais bien du mal à voir où elle me mènerait. A me promener toute nue, étant donné le rythme auquel je vidais frénétiquement mes rayonnages ? Non. L'expérience a prouvé que je n'avais pas besoin d'un millier de choses. Que c'était bien plus facile de m'habiller le matin quand le superflu n'était plus là pour m'empêcher d'aller à l'essentiel, au jean ou à la paire de boots qui vraiment me ressemblent. Le plus dingo dans l'histoire, c'est que j'ai co-écrit il y a quelques temps un livre précisément sur ce sujet, sur la façon dont une "armoire idéale" ne se construit pas sur l'accumulation mais plutôt sur une sélection précise d'éléments clés. Hmmm... Il m'aura fallu en réalité pas mal d'années pour arriver à suivre mes propres conseils !

Bref. Aujourd'hui, j'en suis là : un placard réduit au strict minimum et une envie qui se précise de plus en plus, celle d'avoir quelques costumes sur qui compter. Un pour l'hiver, un pour la demi-saison, un pour l'été peut-être ? Imaginez un peu le nombre de tenue que cela peut faire quand on songe que la veste et le pantalon peuvent se porter séparément...  A l'heure où chacun cherche à clamer son individualité, l'idée d'adopter un uniforme est peut-être un peu à contre courant. J'avoue que c'est aussi pour cela que la notion de costume me plaît. Mais l'attraction du tailleur pantalon est aussi ailleurs, dans ce qu'elle permet de se reconnecter à toutes sortes d'icônes vraiment très classe : la grande Katharine Hepburn, le Prince Charles, et donc, Barney Stinson.

Pour l'instant, je n'ai pas encore réalisé mon fantasme. Mais je m'entraîne. Mon blazer gris vintage associé à un jean ou un pantalon me permet de composer un costume informel et de voir comment ça me fait (du bien). Et puis, une âme généreuse et très bien intentionnée vient de m'offrir une veste de smoking très chouette, qui va peut-être me permettre de pousser encore un peu plus loin mon expérimentation. En attendant le pantalon qui va avec... Alors, suit up ?

Le costume leur va si bien
-Top 5- 


Patrick Jane 
Outre que le héros très perspicace de la série policière "The Mentalist" m'a sauvée de la déprime durant un week-end de grippe, je suis très admirative de son uniforme complet veston qu'il porte même à la plage et qui tranche avec les tenues approximatives de ses collègues flics.

Katharine Hepburn
La reine du masculin-féminin.
 A noter : la manière dont le carré aux épaules un peu flou vient adoucir et poétiser l'allure.

Jeremy Irons
En fait, c'est à se demander si le costume ne devrait pas exclusivement se porter avec des chaussures de tennis un peu fatiguées... 
(Image via The Selvedge Yard)

La jolie inconnue
Oui, ça se précise, les Converse sont idéales avec le costume.
(Image via The Sartorialist).

Sofia Coppola 
Le costume d'été parfait : tissu léger dans l'esprit seersucker, blazer raccourci, et débardeur très simple glissé en dessous. Très bien pour aller cherche son prix au Fim Independent's Spirit Awards en 2004.


// I think I may be turning into Barney Stinson, the dapper hero from "How I Met Your Mother" whose motto can be summed up in two words: "Suit up!" And suiting up is what I've been feeling like doing for the past few months. I could say it all started with finding an old photograph of my grandparents looking very elegant in pantsuits (circa the late 40's, early 50's). But really, it started more than a year ago when I began drastically unloading my wardrobe from anything that didn't feel perfect for me and my lifestyle. Out went piles and piles  of stuff, donated or given to friends. In went very little, leaving me to realize that with less, I actually got dressed better, easier and more true to myself. Ouch, what a belated realization for someone who actually did write a book on the subject a few years ago.

In any case, my cleaned out closet and its (almost) bare contents left me feeling that I may now be ready to welcome a few suits. Maybe one for winter, one for mid-season and a summer one. Imagine all the possibilities a suit provides, given that the jacket and pants can be worn separately. Imagine the freedom of having a uniform, which to me is more a liberating than contriving way of dressing... I'm not there yet, though. For the moment, I've been experimenting with wearing my vintage grey blazer with grey pants or dark jeans, and feeling very good in this improvised suit. The experimentation may go further as a very kind soul just gave me a tuxedo jacket as a present, so we'll see where this leads me.

In the meantime, I've been collecting suits role models: the queen of masculine-feminine chic Katharine Hepburn, of course, but also Thomas Jane from the series "The Mentalist", who even goes to the beach in his three-piece suit. And also cool dudes and girls wearing their suits with Converse. One of my favorite suit moment so far being Sofia Coppola in her lightweight seersucker ensemble at the 2004 Film Independent's Spirit Awards. So, suit up?



mardi 19 mai 2009

Off / On

La Villa Noailles, où se tient le Festival de Mode de Hyères, est ponctuée de ses sublimes horloges installées à même les murs...


En retard, en retard comme le lapin au Pays des Merveilles. Cela fait trois mois que j'hiberne, que je peine à sortir du terrier, que je laisse le temps filer en me disant qu'il sera toujours temps de l'écrire, ce prochain post. Il faut dire qu'après avoir découvert le mouvement Slow Blogging, qui prône le droit à résister à la dictature de l'immédiateté, je me suis senti soudain toute latitude pour faire l'école buissonnière et appuyer sur le bouton "off".

Enfin, je ne sais pas si "off" est le bon mot, car durant les mois en question,  je ne me suis jamais sentie aussi "on". Grâce notamment à des échanges passionnants avec des proches, des ami(e)s, des blogueuses talentueuses, qui m'ont fait partager leur vision de la mode, du design, de l'avenir de la création. Moi qui me sentais un peu isolée dans mes préoccupations de style durable, j'ai eu l'occasion de constater que je n'étais pas seule. Chouette !

Et puis il y a eu la visite au Festival de Mode et Photographie de Hyères. C'était ma première découverte de ce moment qui rassemble créateurs, professionnels, blogueurs, aficionados de la mode et tutti quanti, et j'ai trouvé l'ambiance enthousiasmante même si la sélection de créateurs a manqué de me toucher. Mais, encore une fois, il y a eu des rencontres, des échanges, des coups de bol qui m'ont fait tomber sur nombre d'individus passionnés, qui à leur manière discrète font avancer la mode à grands bonds.

Tout cela additionné, sans compter des projets qui se profilent à l'horizon et me rendent très optimiste pour ce cru 2009, m'ont enfin incitée à sortir de ma torpeur. Le Club est donc ouvert, j'espère que vous prendrez de nouveau plaisir à passer un peu de temps dans ses fauteuils.


// Yep,  just like the rabbit from "Alice's Adventures in Wonderland",  I'm very late. But three months without blogging was just what I needed. And my discovery of Slow Blogging made me all the more at ease with this slower pace. I didn't feel like writing just for writing's sake.

In any case, this "off" time has most definitely been an "on" time. Great exchanges with friend(s) and talented bloggers had me suddenly convinced that I was not alone in my quest for sustainable style. A visit to the Hyères Fashion and Photography Festival brought forth more passionate discussions and chance meetings with people who, I feel, are dedicated to propel creation forward (even though I failed to fall in love with this year's festival offering).

So, I declare Le Club open and hope you will take the time to stop by once again.



mardi 24 février 2009

Le Club Du Film / "Hannah et ses soeurs"

Avec Woody, même les génériques sont classe.

J'aime quand les vêtements racontent des histoires. Dans "Hannah et ses soeurs" (1986) de Woody Allen, c'est exactement ce qu'est arrivé à faire le costumier Jeffrey Kurland (un abonné des films de Woody, mais aussi responsable de la classieuse garde-robe de "Ocean's Eleven").

"Hannah et ses soeurs", c'est un film aussi délicieux qu'un gâteau marbré de chez Rose Bakery, un mix parfait entre le Woody romantique de "Annie Hall" et celui, observateur cynique des moeurs citadines, qui compose des fables amorales comme "Crimes et châtiments". C'est aussi, une des comédies romantiques les plus réussies de tout les temps, parce que réaliste : on y croise trois soeurs qui adorent se détester, des maris imparfaits mais aussi somme toute assez craquants. Comme dans la vie, les histoires se font et se défont selon une géométrie mystérieuse qui tient parfois au simple fait de se croiser tard le soir chez un disquaire de jazz. 


Et comme dans la vie, la garde-robe des personnages principaux semble venir de vrais placards et non de la caravane du costumier, même si elle rend compte très précisément de la personnalité de chacun(e).

D'ailleurs, dès la première scène, un grand dîner de Thanksgiving so chic et so new yorkais, tout est dit. Avec sa chemise ample, Hannah (Mia Farrow) apparaît comme la plus posée des trois soeurs, la plus sereine, bien dans ses baskets et son gilet en Shetland. En revanche, Lee (Barbara Hershey), est tout l'opposé : une fille bohème, qui cultive une sensualité discrète à la Jane Birkin, bien relayée par son sweater enfilé à même la peau et sa coupe arty-chamboulée très Flashdance. Et puis il y a Holly (Diane Wiest), fantasque, excentrique, qui voudrait bien être actrice mais a surtout le chic pour accessoiriser à coup de ceinture et de bijoux vintage une simple veste de tailleur rétro.

Si le reste du film permet de suivre les aventures sentimentales de ce trio, il sera aussi l'occasion de s'imprégner un peu plus du style de chacune :

Pour l'allure vintage / Holly
Diane Wiest a dans ce film un charme  contagieux, parfaitement illustrée par la scène hilarante où elle traîne un Woody Allen effaré à un concert punk. Sa personnalité pétillante est parfaitement traduite à l'écran par des jeux de superpositions, des détails inattendus (un col de marin glissé sur une veste en jean), des clins d'oeil aux années 40 et 50. J'adore son look "teddy boy" avec pantalon baggy et Converse (mais quelle surprise...).




Pour l'allure romantique : Hannah
Je sais qu'il est convenu d'idolâtrer la Mia Farrow période "Rosemary's Baby" et coupe Vidal Sassoon. Mais j'adore aussi son look plus sage de la période Allen, et particulièrement bien capturé dans le film par une série de robe à fleurs très délicates, féminines sans ostentation.



Pour le chic basique : Lee
Rien de très compliqué dans le choix des tenues de Barbara Hershey. Mais ces chemises toutes simples, ces petits pulls portés sans rien dessous, ce duffle-coat un peu grand qu'on imagine trouvé dans une friperie vont comme un gant à son personnage d'irrésistible "intello next door", sensuelle en diable, un peu malgré elle.



Ah et puis, comme tout opus woodyallenien qui se respecte, le film est ponctué d'intérieurs new yorkais très miam. Le plus chouette étant le loft de Lee, avec son décor joliment industriel et sa bibliothèque géante...



// I love when clothes tell a story. In "Hannah and Her Sisters" (1986), costumer Jeffrey Kurland- whom you may know from his various collaborations with Woody Allen and for creating the great looks on "Ocean's Eleven"- managed to do just that.
This movie is a delight from beginning to end, a romantic comedy conceived the way it should be by a very inspired Woody Allen: with a believable storyline, flawed characters and relationships, imperfect husbands and sisters who love to hate each other. And, also, costumes that seem to come from real life closets rather than the costume designer's trailer. 
Each sister has therefore a subtely distinctive wardrobe, perfectly reflecting her personality. For gentle, caring Hannah (Mia Farrow) it translates with down to earth sweaters and simple yet feminine flowery dresses. For Lee (Barbara Hershey), it's a succession of very basic yet infinitely seductive pieces: boyish shirts, sweaters worn with nothing underneath, mannish coats. Last but not least, Holly (as played by a lovely lovely Diane Wiest) sees her bubbly personality showing through a succession of vintage pieces, fun layering (check out the matelot collar slipped over a denim jacket) and quirky nods to 40's and 50's fashion (love the baseball jacket worn with baggy pants and Converse!). Also, as is usual with Mr Allen's movies, there is a wide selection of impressive NY interiors, my favorite being Lee's loft, with its perfect industrial detail and to die for bookcases...





mardi 17 février 2009

C'est encore loin le printemps ?

Marre de l'hiver, marre des chaussures de mammouth, des semelles isolantes, des chaussettes enfilées sur des collants, des manteaux qui prennent deux places dans le bus. 

Envie de pantalons à la coule, de lunettes à monture écaille, d'une veste, d'un trench un peu flou, et pour aller avec tout ça, des baskets en toile.

// Fed up with winter, enormous shoes, insulating insoles, socks worn over tight and gigantic coats. Wishing for loose pants, turtoiseshell glasses, a jacket, an ample trench-coat, to be worn on all occasions with simple canvas tennis shoes. 



Margaret Howell Printemps-Eté 2003 (via margarethowell.jp)

Image Steven Meisel (via 2 or 3 Things)

Image Kelly Klein pour le "Marie Claire" US (via Ready Set Fashion)

James Dean et ses Jack Purcell (via The Selvedge Yard)

Jane Birkin (via The Fashion Spot)


I Believe I Can Flight

Brett refait "West Side Story"

Si vous n'avez pas encore regardé la série "Flight Of the Conchords", ce n'est vraiment pas de ma faute. J'ai quand même été jusqu'à écrire un poème sur le sujet, c'est dire si la cause du duo folk et néo-zélandais formé par Brett McKenzie et Jemaine Clement, qui officie depuis l'année dernière sur la chaîne américaine HBO, me tient à coeur.

Depuis quelques semaines, Brett et Jemaine sont de retour (aux USA) pour une saison 2 qui les trouve toujours aussi fauchés, toujours vivotant dans le même appartement new-yorkais miteux, leur carrière musicale toujours au point mort grâce aux bons (?) soins de leur manager Murray. Après un premier épisode un peu bof, la saison s'est vraiment enclenchée à partir de son deuxième épisode. Il faut dire qu'entre une sombre histoire de tasse à thé à 2,75 $, une version très geek des tubes à la Justin Timberlake ou une parodie enivrante du "Roxane" de Police (à regarder et re-regarder ici), cet épisode est l'illustration parfaite du talent des Flight of the Conchords à croiser les genres, entre comédie ado à la Judd Apatow, pastiche pop pratiqué dans les règles de l'art de l'émission comique mythique "Saturday Night Live" ou inventivité low-fi façon Michel Gondry.

Avec un troisième épisode qui compte dans son casting Seymour Cassel, un des acteurs favoris de John Cassavetes, et une séquence-hommage à "West Side Story" frôlant le génie, la saison 2 a définitivement fini de me gagner à sa cause. Le seul dilemme qui reste à résoudre désormais, c'est de savoir qui est mon Conchord préféré. La saison passée, j'étais toute à Jemaine, mais Brett et ses t-shirts imprimés de huskies ne me laisse décidément pas indifférente. Que faire ?


Murray et Jemaine, en plein "West Side Story" eux aussi.

//This is probably the best news of the year, so far. "Flight of the conchords" is back! If you remember, the first season prompted me to write a poem (very Mel-style). Now, season 2 set off on the wrong foot for me, with a first episode that was a bit meh. Then, episode number 2 came along, with its story of a 2,75 $ tea cup, a fantastic parody of Justin Timberlake and an even better reworking of the Police's "Roxanne", starring Jemaine in too tight shorts (here). 
This second episode embodies everything that is right with the Flights and the way they manage to mix in a very cohesive manner various influences: the nerdy Judd Apatow-esque silliness, the well rounded pop pastiches à la "Saturday Night Live", the lo-fi creativity of Michel Gondry.
That being said, episode 3 was also another 25 minutes masterpiece, with the best hommage ever rendered to  "West Side Story". My only problem now with season 2 will be that I still am unable to chose who my fave Conchord is (and maybe also that I am missing the Demetri Martin cameos).

 

lundi 16 février 2009

Guilty

Ce week-end, je me sentais assez bourrue. Heureusement, la campagne, les gâteaux Chamonix (alias la meilleure invention de l'homme) et la vieille collection de VHS de ma grand-mère étaient là pour offrir un bon florilège de plaisirs coupables. Et donc, forcément, un millième visionnage de "Vous avez un message", un des mes films préférés non officiels, s'imposait.

C'était très rigolo de me retrouver à faire des captures d'écran à l'ancienne (ça implique de savoir bien jongler entre la télécommande, la tasse de tisane, la boîte de Chamonix et l'appareil photo et de ne pas s'ébouillanter au passage). Rigolo aussi de se replonger dans une époque où le sourire de Meg Ryan était charmant et pas encore flippant, où la comédie romantique pouvait se concevoir sans déluge de Manolo Blahnik. En revanche, si je piquerais bien à Meg ses petits cols roulés et ses chemises blanches, malgré toute la bonne volonté du monde (sachant, donc, que de la bonne volonté me fait par ailleurs défaut) et mes goûts très démocratiques en matière de garçons, eh bien je n'arrive toujours pas à trouver Tom Hanks sexy...

Et vous, quels sont vos plaisirs coupables ?







// This week-end, I was feeling very much grumpy. As I was at my grandma's in the countryside, I decided it was now or never to allow myself a bit of overindulgence. Hence followed a 24 hours fest of guilty pleasures, from Chamonix cookies (aka What Heaven Would Taste Like If Heaven Was A Puffy Orange Filled Delight) to watching old VHS.
This is how I found myself doing screencaps the old school way (freeze frame + point + shoot) of one of my non-official favorite films of all time "You've Got Mail". This film is a guilty pleasure par excellence. You've got Meg Ryan when she still looked adorable and had normal sized lips. You've got Parker Posey being hyper and hilarious as she so well does. You've got shots of New York in the fall. You've got one hell of a preppy, minimalistic wardrobe (white shirts, crew neck cardigans, white t-shirts, black turtlenecks). All this is goodness enough to make me forget that, however democratic my taste in men may be, I still have no idea whatsoever who would find Tom Hanks remotely sexy...
Anyway, what is your guilty pleasure?


jeudi 12 février 2009

Like A Rolling Stone


Ca vous arrive d'acheter un livre, de le mettre dans une pile, de l'oublier et puis soudain de le retrouver quelques mois après, comme si le livre savait que c'était maintenant le bon moment pour être lu ? C'est un peu ce qui m'est arrivé avec le très chouette recueil d'interviews du mythique magazine rock "Rolling Stone Interviews", publié par Back Bay Books (en anglais, malheureusement à ma connaissance, pas de traduction en français pour le moment...), que je me suis retrouvée à dévorer après l'avoir copieusement ignoré pendant presque un an passé sur ma table de nuit.

Dans ce livre, il y a tout le monde. Vraiment tout le monde. Même le Dalai Lama. Même Bob Dylan. Même John Lennon. Même l'écrivain "gonzo" frappadingue Hunter S. Thompson qui dans son interview dit l'une des choses les plus justes que j'aie jamais lues : "Apprenez à un enfant à aimer lire, et il a tout ce qui lui faut dans la vie." Alleluia, Hunter S. !

Tout le livre est comme ça, truffé de propos qu'on a envie de souligner (j'ai corné quasiment toutes les pages), et même les interviews de personnages qui ne me passionnent pas a priori (Bono... zzzz), je les aies parcourues avec intérêt, pour ce qu'elles permettaient de se remémorer une époque, un moment de musique.

Ce n'est pas vraiment une grosse surprise, l'entretien qui m'a le plus bluffée est celui de Patti Smith. Elle évoque avec une franchise sereine avoir adoré ses instants de gloire, tout comme elle a autant aimé qu'on lui fiche la paix par la suite. Evoquant sa période sabbatique durant les 80's, elle dit :

"C'était une période géniale pour moi. Jusqu'à ce que [son fils] Jackson aille à l'école, [son mari] Fred et moi avons voyagé de motel en motel au bord de la mer, à travers les USA. On trouvait un petit motel avec une kitchenette et un loyer mensuel. Fred trouvait un petit aéroport pour prendre ses leçons de pilotage. Il étudiait l'aviation ; moi j'écrivais et je m'occupais de Jackson. J'avais une machine à écrire, quelques livres. C'était une vie simple, nomade, épurée."
Une vie de "rolling stone" qui me semble idéale... Reste à savoir s'il me suffit de lire une interview pour avoir la liberté de suivre les traces de Patti ! Pas sûr. 

// "Rolling Stone Interviews" is a very cool book (published by Back Bay Book) that sat on my nightstand for months gathering dust until it could take it no more and begged me to read it. 
In this collection of the very best interviews published by Rolling Stone magazine, you will find everyone. Really, everyone. The Dalai Lama, Bob Dylan, John Lennon, and even people I don't care that much about (Bono... boring...) but whose interviews I still ended up enjoying for the way it brought me back to a certain time and a certain place in music history.
Unsurprisingly, my favorite interview was with Patti Smith. She's disarmingly frank in recalling how much she enjoyed her fame in the 70's... and how much she loved also being left alone afterwards. My favorite quote from this interview has to be when she discusses taking a sabbatical during the 80's:
"That was a great period for me. Until [her son] Jackson had to go to school, [her husband] Fred and I spent a lot of time traveling through America, living in cheap motels by the sea. We'd get a little motel with a kitchenette, get a monthly rate. Fred would find a little airport and get pilot lessons. He studied aviation; I'd write and take care of Jackson. It was a simple, nomadic, sparse life."

Now that is spoken like a true rolling stone! I dream of such a life... but reading and dreaming about it doesn't make as gutsy as Mrs. Smith. Maybe in another life? We'll see...



mercredi 11 février 2009

La Sélection du Club / Le petit fugitif



Je ne sais pas pour vous, mais ce mois de février qui n'en finit pas de nous faire tomber de la pluie et des infos maussades sur la tête, ça me donne violemment envie de me changer les idées et faire les 400 coups. Ca tombe très bien, Carlotta Films a justement la très opportune initiative de ressortir aujourd'hui "Le petit fugitif", chef d'oeuvre méconnu de Ray Ashley, Morris Engel et Ruth Orkin, adoré de François Truffaut et Jean-Luc Godard qui l'ont souvent cité comme une influence majeure de leurs premières oeuvres.

Sorti en 1953, réalisé avec trois fois rien mais un grand esprit d'invention, cette oeuvre contient en effet en germe tous les principes repris ensuit par la Nouvelle Vague française : caméra mobile utilisée en toute liberté, acteurs amateurs à la fraîcheur désarmante, rupture absolue avec les carcans du cinéma en décor artificiel des studios. L'histoire ? L'escapade d'un gamin new-yorkais, qui le temps d'un week-end se retrouve à déambuler dans la fête foraine de Coney Island. Les plans de la foule, de la plage et des attractions, captés en caméra cachée par les cinéastes sont empreints d'une fougue documentaire irrésistible, un peu à l'image de Richie Andrusco, un génie comique de 7 ans qui porte le film sur ses (mini) épaules. Sans compter que sa panoplie de denim à revers et baskets en toile est d'un chic absolu...

Pour voir la bande-annonce, c'est ici.



// My medecine to fight off the dreary news and February rain pouring on our heads daily: the reissue (opening today in Paris thanks to the wonderful folks at Carlotta Films) of "Little Fugitive", the 1953 cult movie by Ray Ashley, Morris Engel and Ruth Orkin. 
Hailed by François Truffaut and Jean-Luc Godard as the film without which there would have been no French Nouvelle Vague, it follows the adventures of a little boy's escapade in the marvellousness of Coney Island. The movie was revolutionary on so many levels: its minimal budget, the scenes shot documentary-style with a hidden camera, the use of non-professional actors... 
As the tiny hero of this free-spirited work, 7 years old Richie Andrusco is funny as hell, cute as a button and, also, has the best wardrobe of cuffed denim and canvas sneakers. 

To see the trailer go here.



lundi 9 février 2009

Friends





J'ai du mal à voir les vêtements comme des objets inanimés. Certains m'accompagnent depuis tellement longtemps, me permettent, à peine enfilés, de me sentir tellement en sécurité, que je les considère comme de vieux amis. Je me rappelle encore de ce sweat-shirt égaré dans un aéroport italien - j'en aurais pleuré, pas pour  la valeur de l'objet, mais pour sa présence réconfortante,  à jamais perdue.

Comme avec les amis, certains vêtements s'adoptent immédiatement. Coup de foudre instantané, on ne se quitte plus. D'autres demandent à être apprivoisés - c'est ainsi qu'une certaines paire de chaussures a attendu plusieurs mois dans un placard avant de soudain trouver pleinement sa place dans ma vie.

Et puis certains habits me sont spécialement précieux car ils sont l'incarnation et le prolongement d'êtres chers : pull col V donné par ma mère, chaussons en peau retournée que m'offre rituellement mon grand-père chaque année, écharpe tricotée par une amie beaucoup plus talentueuse et patiente que moi... 

A la liste s'est récemment ajouté une paire de jeans venu du placard de mon ami Xander. Il n'en avait pas l'usage, et moi j'étais désespérément en quête de denim, sans vraiment savoir ce que je voulais, ce que je cherchais. Ce pantalon est devenu un fétiche. Lui et moi (Lee et moi), on ne se quitte plus. Et je ne sais pas ce qui me plaît le plus en lui. Son petit côté garçon manqué, affranchi de l'amidon de la nouveauté ? Ou bien le fait qu'il m'a accompagnée, sans broncher, durant ce début d'année parfois houleux ? Car la Crise, les crises, se surmontent d'autant mieux qu'on est bien entouré, qu'il s'agisse de vêtements ou d'amis bienveillants.

// I have a hard time considering my clothes simply as inanimate objects. Some of them have been with me for so long, make me feel so confident when I put them on, that they are more like old friends. Losing one of them can cause quite a drama, like this sweat-shirt that got left behind at an Italian airport- I mourned it for days, not because of its actual price, but because of the comforting value it had for me.
I especially love clothing that comes from loved ones: a V neck sweater stolen from my mother, sheepskin slippers that my grandad gets for me every year as a ritual, a fantastic scarf knitted by a friend who's way more talented and patient than I ever could be...
To this list I recently added a pair of jeans kindly bestowed upon me by my friend Xander, at a time when I badly needed new denim but didn't really know what I wanted. Those pants have become my security blanket, putting them on instantly makes me feel good. It has to do with their tomboyish softness, their not so new newness. But also with the fact that they stood by me during not so fun times. Recessions, hardships and all those yucky stuff we could all do without are indeed best faced with great friends, be they made from flesh or cloth.



mercredi 28 janvier 2009

Bulletin

Le Club est fermé pour quelques jours. A très vite.

// 

The Club will be closed for a few days. See you very soon.



lundi 19 janvier 2009

Basique chic / I Want Rock n' Roll

Joe Ramone, le chic "grande tige".


Avec mon goût pour Hercule Poirot, les tisanes Nuit calme et les sexe symboles chauves, je suis souvent à deux doigts de virer "Grand-Mère sait faire un bon café". Heureusement, ma caution rock est là pour mettre le holà. Elle s'appelle Nathalie (si vous suivez ce blog depuis ses débuts, vous l'avez déjà vue ici) et à chaque fois que je la vois porter ses Doc Martens* comme si c'était du Yohji Yamamoto je me dis "Je veux les même !". 

Et donc, l'autre jour ma caution rock m'a envoyé un mail truffé d'images inspirantes, tirées d'un livre que bien évidemment je ne connaissais pas (c'est pour ça que c'est elle ma caution rock, et pas vice-versa) : "Punk, l'histoire complète", co-édition Tournon et Mojo Magazine. 

Ces images, outre qu'elles permettent de retrouver les plus mythiques des artistes de la scène punk new-yorkaise ou londonienne des années 70, sont aussi l'occasion de se rappeler qu'un look simple et basique n'a pas nécessairement besoin d'être barbant. 

Alors, c'est quoi les basiques les plus rock ? Il suffit au fond de pas grand chose.

- 1 veste masculine
- des bottes ou rangers solides (ou des Docs, n'est-ce pas Nathalie...)
- 1 jean
- 1 t-shirt

C'est tout ? Ouaip. Bien sûr, ça aide d'avoir la grâce féline d'un Joe Strummer ou l'allure de poétesse de Patti Smith (ô Patti, que je t'aime), mais ces pièces à toute épreuve sont suffisamment intemporelles pour s'adapter à nous, commun des mortels.

La preuve par 4 : 


1 veste de costume + 1 t-shirt + 1 jean tuyau de poêle
Debbie Harry de Blondie compose 1 look étonnement contemporain et féminin.
Le détail qui fait tout : les boots rockabilly à talon biseauté.


1 veste de costume + 1 jean droit + des bottes solides =
Joe Strummer (des Clash) est à la coule sans trop en faire.
Le détail qui fait tout : le Borsalino vintage.


1 veste d'homme + cheveux noirs corbeau =
Patti Smith réussit une épure en ton sur ton.
Le détail qui fait tout : une montre rétro très délicate.


1 jean noir + des rangers solides =
Patti Smith, en mode plus rock, mais tout aussi chic
Le détail qui fait tout : le trench en cuir râpé par l'usage et les années.


// With my love of Hercule Poirot and herbal tea, it's a good thing that I have Nathalie (you may remember her from here) to bring a little rock n' roll in my life. Whenever I see her rocking her Doc Martens as if she were on a Yohji Yamamoto runway*, I get into a transe of "I want these too". 

So, the other day she sent me those great images from a great book I'd never heard of : "Punk The Whole Story" (Mojo Publishing). I liked these not only because they bring us back to those good old days of the Clash and Blondie gorgeousness, but also because they prove that you can indeed wear basic items without looking boring. 

A t-shirt, sturdy rangers or boots, a man's blazer and jeans are basically all you need as illustrated by Debbie Harry, Joe Strummer and, God-I-love-her, Patti Smith. Of course, you'd need to add a little extra something something, but it doesn't have to be bling. Subdued yet achingly rockabilly suede boots (Debbie), a vintage dove grey fedora hat (Joe), a surprisingly delicate watch or a weathered leather trench coat (Patti and Patti) are sometimes all that is necessary to create a memorable, sharp look. The common quality shared by all those items being their uniqueness and lived-in allure.

* D'ailleurs Yohji Yamamoto et Doc Martens ont collaboré ensemble sur plusieurs modèles exclusifs dont celui ci-dessous. // By the way, Yohji Yamamoto and Doc Martens have issued special items in collaboration, such as the one below.


jeudi 15 janvier 2009

(In)utile



L'autre jour, ma vie est passionnante, je vais à la Fnac acheter une recharge pour mon imprimante. Foule, néon, muzak de fond : pour commencer, l'expérience est plutôt horrible. Mais ça ne s'arrête pas là. Car l'achat de la cartouche se transforme en instant ubuesque quand je constate que l'objet en question, qui doit faire, allez, 5 centimètres sur 2, est empaqueté dans un énorme boîtier en plastique, un emballage aussi laid et inutile qu'encombrant. 

A l'heure où tout le monde parle de développement durable, d'économie d'énergie et de ressources, comment les entreprises peuvent-elles encore faire fi à ce point des considérations écologiques ? Pourquoi encombrent-elles encore notre quotidien de plastique sans intérêt autre que celui de polluer notre espace visuel et environnemental ? Aaaaarrrrgh, ça me rend dingue - tout aussi dingue que le fait que je dois bien la remplacer, cette fichue cartouche !

En contrepoint de tout cet énervement, j'aimerais vous signaler cette interview très pertinente de Patrick Thomas, le gérant du groupe Hermès, que je viens juste de découvrir. Un de ses propos m'a particulièrement frappée :
"Pour moi un bel objet, 
c’est un objet qu’on répare."

Je suis entièrement d'accord. Et je dirais même plus : tout objet, aussi quotidien soit-il, même une cartouche d'encre, ne devrait pas voir sa vie limitée à un seul usage. J'espère qu'Epson et les autres prendrons, rapidement et avec inventivité, la mesure de cette nécessité.

// So I had to change the ink cartridge of my printer and was confronted with this ridiculously useless, ill-designed piece of plastic packaging. This makes me so mad. Why does a teeny tiny cartridge have to be encased in so much stuff? Why aren't everyday objects well thought any more? Why so much waste, again and again? This is killing me, as much as the fact that I bloody need to change the bloody cartridge. 
To counter balance all this negativity, I invite you, if you can decipher French, to read this very interesting interview with Patrick Thomas, head of the Hermès group. One of the quotes I liked the best was his saying; "A great object is one you can repair." My point exactly. Epson and all the others should start thinking about things that have a life that goes beyond one use and are not lost amidst a see of useless wrappings. Ok, rant over.


mardi 13 janvier 2009

I Want You !



Photographie : Dan Aucante

Dimanche dernier, je suis allée voir "I Want You", le spectacle d'ouverture du festival de danse hip-hop Suresnes Cités Danse. Ce festival a été lancé en 1993 dans le but de donner un espace d'expression légitime à la danse hip-hop et de favoriser les interactions entre chorégraphes et danseurs de tous horizons (danse moderne, classique ou de rue). J'assiste à ce festival depuis quatre ou cinq ans, je crois, et les spectacles que j'y ai découverts ont toujours été une source d'inspiration extraordinaire et l'occasion d'être confrontée à des danseurs et des chorégraphes passionnants, qui transcendent les frontières entre genres. Ce festival joue en outre un véritable rôle de révélateur, en mettant en lumières des talents tels que le chorégraphe Kader Attou qui vient récemment d'être nommé à la tête du Centre Chorégraphique National de Lyon.

Mais revenons-en à "I Want You", le plus épatant spectacle de tous les spectacles épatants que j'aie pu voir dans le cadre du festival. Cette pièce a été chorégraphiée par Nasser Martin-Gousset, que je ne connaissais pas mais sur qui je vais désormais garder l'oeil. Son travail est toujours empreint de pop culture, de référence à des films et des musiques célèbres - il a par exemple composé des pièces autour des films "Cléopâtre" de Joseph L. Mankiewicz ou "La party" de Blake Edwards. Pour "I Want You", c'est la chanson éponyme et ultra-célèbre de Marvin Gaye qui lui a servi de base. Sans décor, avec juste dix danseurs hip-hop (7 hommes, 3 femmes), il évoque une boîte de nuit moite et les 70's débridées du Studio 54 . L'un des moments les plus saisissant est une danse de groupe au ralenti, qui évoque les scènes de night-club du film "L'impasse" de Brian de Palma. A ces instants collectifs sensuels, d'une beauté irréelle, s'opposent aussi des solos intenses, violents, gracieux et qui confinent parfois, oui, au mystique. Mais le plus frappant, encore, dans ce spectacle, c'est le plaisir évident, primaire, que prenaient à l'évidence les danseurs sur scène. Une telle joie, un tel bonheur à créer, selon moi, c'est ce qui sur terre se rapproche le plus de l'état de grâce !

Si vous voulez en savoir plus sur ce spectacle (qui malheureusement ne fait pas l'objet d'autres représentations), faites un tour sur cette page et prenez le temps de regarder le petit clip (n'oubliez pas de cliquer pour voir en grand format !). Et le festival de Suresnes se poursuit jusqu'au 1er février, avec plein de performances alléchantes au programme...

Renseignements :  http://www.suresnescitesdanse.com

// On Sunday, I went to see "I Want You", the first show of this year's Suresnes Cités Danse hip-hop dance festival. This festival was launched in 1993 in order to give hip-hop dance a legitimate place to exist and to encourage interacting between choreographers and dancers from all backgrounds: hip-hop, contemporary, classical. I've gone to this festival now for four years I think, and it's always an occasion that I relish as it always confronts me with new forms of expressions, amazing dancers and choreographers that transcends the boundaries of genres.

From all the great shows that I've seen during the festival, "I Want You" has to be my favorite. It was choreographed by Nasser Martin-Gousset, someone I had never heard of before but on whom I'm going to keep my eye from now on. His work very often references pop culture (he did pieces inspired by Joseph L. Mankiewicz's "Cleopatra" and Blake Edward's "The Party") and is based on a keen sensitivity to music, be it soul, pop or opera. For "I Want You", he used the eponymous and famous Marvin Gaye song as a basis for a piece that exudes sensuality, mixes solo performances and evoques the moist atmosphere of Studio 54 or the night-club scenes from Brian de Palma's "Carlito's Way". To see a clip of the choreographer and the dancers at work (it's in French but worth it for checking out the amazing moves) go to this page and read the video (don't forget to click to see it full screen, it's best).
And for more infos on this great festival : http://www.suresnescitesdanse.com




samedi 10 janvier 2009

La Sélection du Club / La Librairie du Congrès sur Flickr (la suite !)



Toujours obsédée par les images des années 40 en couleurs mises en lignes par la Library Of Congress américaine via Flickr, toujours obsédée par les salopettes. Non mais regardez-moi ces mômes ! Quelle classe. Vous croyez qu'ils me laisseraient rejoindre leur gang ?

// Still obsessed with the Library Of Congress images on Flickr, still obsessed with dungarees. Check out those kids! They are so classy I want to join their gang.






mercredi 7 janvier 2009

Second Life (Part II)



Hier, il faisait tellement froid que je ne savais même plus quoi me mettre. Cela faisait presque une semaine que j'enfilais systématiquement le même pantalon en gabardine de laine, très pratique pour glisser un collant en dessous. Mais là, vraiment, je n'en pouvais plus. Je ne sais pas si c'est l'obsession Pollock, mon fantasme qu'un jour j'aurai une ferme dans le Maine (ou en Ecosse, ou en Irlande - bref, un endroit où on se les gèle l'hiver), en tout cas, c'est arrivé, j'ai ressorti ma salopette APC de la pile "peut-être bien que oui, peut-être bien que non" où elle se trouvait. Et j'ai glissé dessous trois pulls en mérinos, un collant, des chaussettes, une grosse paire de bottes. Je sais que la salopette est pour beaucoup de monde un fashion "don't"... Moi, après l'expérience d'hier qui fut très douillette et qui m'a donné l'impression que j'y étais presque, dans ma ferme du Maine, j'ai remis ma salopette dans la pile des "do".

Et vous, quelle est votre stratégie anti-froid ?

// Yesterday, Paris was so cold that I knew I needed something cosy, something that would allow for intense and multiple layering. Problem was, I couldn't bear another day wearing my trusty wool gabardine pleated pants. So, I dug out my APC overalls from the "maybe maybe not" pile in which I had put them for a while (very useful pile, avoids giving away things and then regretting it). I know some people consider dungarees a fashion don't. Well, all I have to say is that yesterday, I was really grateful these babies allowed me to layer three merinos sweater, heavy tights, sock and sturdy boots under them. Also, I don't know if it's the Pollock obsession or what, but I loved how this look made me feel I could be owning a little cabin somewhere in Maine, or Scotland or Ireland, as it is one of my all-time fantasy... Anyhow, the overalls are back, and I plan to extend this second life into the spring when I think they will go very well with wing-tips lace ups or ballerina flats and my boyish blazer. Anyway, what about you? How do you cope with cold weather fashion?


samedi 3 janvier 2009

Soldes Out

Sweat-shirt Margaret Howell 

Les soldes commencent à Paris mercredi. Je me demande si la récession aura une incidence sur les achats de vêtements. Sera-t-on prudent ou, au contraire, y aura-t-il ruée sur les articles peu chers, envie d'accumuler ou de s'abstenir ?

Pour ma part,  j'ai mis au point une stratégie très précise pour les soldes.  Pendant plusieurs saisons, elle a surtout consisté à me tenir à l'écart des démarques, car je trouvais qu'elles m'incitaient à faire des achats irréfléchis et souvent aussitôt regrettés une fois arrivée chez moi. Depuis deux-trois saisons, j'ai une autre approche : je m'autorise de faire des achats auprès d'une marque, une seule, dans un laps de temps délimité. Je détermine au préalable quelle sera la marque, par exemple un label qui en temps normal me serait inaccessible. Si possible, j'essaye de repérer à l'avance un ou deux articles qui me plaisent, mais ce n'est pas obligatoire. Ces deux dernières saisons, j'ai acquis ainsi acquis plusieurs pièces de chez Margaret Howell. Ce sont des achats que je n'ai jamais regrettés, et même qui sont devenues des pièces fondatrices de ma garde-robe, car j'ai pris vraiment le temps de les essayer, et surtout de me demander - pour moi c'est THE questions qu'il faut se poser avant de faire un achat soldé - si j'aurais été prête à payer le prix fort pour l'article en question. Si c'est non, je sais qu'il faut que je repose le vêtement et que je passe mon chemin. 

Et vous, ferez-vous les soldes ? Serez-vous raisonnable ou impulsifs ?

// The sales start in Paris on Wednesday. I wonder how clothes will be bought. With caution or glutonny? As for me, I've imposed myself some strict rules for sales shopping (as I tended to buy stuff I didn't need or weren't "me"). It used to be to avoid them altogether, but I've softened the rule and now allow myself one shopping trip, to a previously selected brand/shop. Just one, and after that's it- ok, I've sometimes also softened that rule as well, and allowed myself one extra impulse buy, but only if it was something I really badly needed, eg. new pyjamas, gloves, robe, etc. In any case, the key for me is to plan my shopping and always ask myself if the item that I'm trying on is something I would have paid full price for (if not, it has to go back on the hanger). The past two seasons, this is thanks to this strict strategy that I became the proud owner of a few pieces by Margaret Howell, pieces that have now become staples of my wardrobe and which I've worn time and time again. So, what about you? Do you sales shop? Do you abstain?


vendredi 2 janvier 2009

Round About Midnight

Si vous êtes à Paris, je vous conseille d'aller vite faire un tour au cinéma Action Christine où est programmé le film "Midnight" (en VF : "La baronne de minuit"). C'est une variation inspirée autour du thème du conte de fées, avec dans le rôle de Cendrillon de 1939 la délicieuse Claudette Colbert, actrice spirituelle à la classe pétillante.

Face à elle, il y a Don Ameche, dans un rôle de chauffeur de taxi / Prince Charmant ma foi très séduisant. Séduisante aussi, la vision de son personnage qui décrit sa garde-robe en disant (je cite de mémoire) : "j'ai deux pantalons, deux chemises, un complet veston et une cravate et c'est tout ce dont j'ai besoin, merci bien." 

Une telle simplicité vestimentaire, ça peut sembler bien spartiate. Mais à l'heure des bonnes résolutions, elle m'inspire pour aller encore plus à l'épure dans mes placards...


// Yesterday evening, I went to one of my favorite cinemas on the Left Bank to see "Midnight", a 1939 romantic comedy featuring the lovely, bubbly Claudette Colbert as a latterday Cinderella. Opposite her is the dashing Don Ameche, playing a taxi driver / Prince Charming. Not only is the movie charming and full of memorable quotes, but I particularly enjoyed Don Ameche's character describing his wardrobe by saying (I quote from memory): "I own two pants, two shirts, a pantsuit and a tie, and that's all I need to be happy". Since this is the time for New Year's resolutions, I have to say I am quite inspired by such an approach and would very much like my sartorial year to attain the same easy going minimalism...